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Cybersécurité · 5 min de lecture

Faux livreurs : SMS, photos et messages vocaux, les nouvelles ficelles de l’arnaque au colis

« Bonjour, c’est le livreur, votre colis ne rentrait pas dans la boîte aux lettres… » Fin 2025, le ministère de l’Intérieur a de nouveau alerté sur ce SMS. Il circule depuis des années et fonctionne toujours. En 2026, les escrocs sont allés plus loin. Depuis la mi-mars, des victimes signalent des photos de colis générées par intelligence artificielle, avec leur nom imprimé sur l’étiquette. Des messages vocaux imitent aussi la voix d’un livreur. Fin août 2026, Cybermalveillance.gouv.fr a mis à jour sa fiche consacrée à ces faux SMS de livraison, et le ministère de l’Économie a publié la sienne à la mi-septembre. Les commandes se multiplient avant les fêtes : particuliers comme commerçants ont donc intérêt à savoir repérer ces messages.

1.À quoi ressemblent ces messages

Le scénario le plus courant est celui du livreur pressé. Le SMS arrive d’un numéro de mobile ordinaire, en 06 ou 07. Il explique que votre colis ne rentrait pas dans la boîte aux lettres et vous invite à choisir un point relais en cliquant sur un lien. Ce lien imite le site de Mondial Relay, mais il mène à des adresses frauduleuses comme « mondialrelay-relayeur » ou « mondialrelay-pbs-fr ». Deuxième variante : un SMS annonce un colis en attente et vous demande de choisir un créneau de livraison. Il est accompagné de la photo d’un carton dont l’étiquette porte votre prénom, votre nom et parfois votre adresse. Troisième variante, plus récente : un message vocal. Une voix de synthèse vous explique que la livraison a échoué et qu’il faut la reprogrammer. Les marques usurpées sont toujours les mêmes : La Poste, Colissimo, Chronopost, DPD, UPS ou Mondial Relay. Méfiez-vous aussi d’une ficelle plus ancienne, toujours signalée : un message vous demande de rappeler un numéro pour obtenir un « code de retrait » de colis.

2.Le vrai but : votre carte bancaire, puis un faux conseiller

Le premier message ne demande presque rien : son seul objectif est de vous faire cliquer. Le faux site reprend ensuite le logo, les couleurs et même le captcha du transporteur. Il affiche un formulaire de « modification de livraison » avec un numéro de colis inventé. Puis il réclame de petits frais de réexpédition, de l’ordre de 2 euros. Ce faible montant rassure, mais il sert surtout à récupérer vos coordonnées bancaires complètes. Certains liens tentent aussi d’installer un logiciel malveillant sur le téléphone. L’arnaque se poursuit souvent dans les jours suivants. Un faux conseiller bancaire vous appelle et vous signale des mouvements suspects sur votre compte. Il vous pousse alors à valider des opérations ou à lui remettre votre carte. Le ministère de l’Économie le rappelle : « La Poste comme les entreprises de livraison n’adressent jamais à leur client un message vous demandant de faire un paiement. »

3.Commerçants et entreprises : une cible tout aussi exposée

Pour un commerce ou une petite entreprise, ces messages paraissent encore plus plausibles. Les livraisons de fournisseurs sont fréquentes et plusieurs personnes reçoivent les colis. Les téléphones professionnels sonnent toute la journée. Un salarié de bonne volonté peut payer « 2 euros » avec la carte de la société pour débloquer une livraison urgente. Il peut aussi donner des informations à un faux livreur au téléphone. Quelques règles simples limitent ce risque. Suivez les commandes uniquement depuis les espaces professionnels des fournisseurs et des transporteurs. Interdisez clairement tout paiement de frais de livraison à partir d’un lien reçu par SMS ou lors d’un appel. Demandez à chacun de signaler les messages douteux plutôt que de les traiter seul. Ces pièges reposent sur les mêmes mécanismes que l’hameçonnage par e-mail : revoir avec votre équipe les réflexes essentiels face à l’hameçonnage reste un excellent investissement.

4.Les bons réflexes, et que faire si vous avez cliqué

Regardez d’abord l’expéditeur : un numéro en 06 ou 07 doit vous alerter. Examinez ensuite le lien sans l’ouvrir : un tiret en trop ou un « .com » à la place du « .fr » suffit à trahir un faux site. Si vous attendez un colis, ne passez jamais par le lien. Tapez vous-même l’adresse du transporteur et saisissez votre numéro de suivi. Ne rappelez pas un numéro qui vous a laissé un message vocal, et ne répondez pas au SMS. Transférez-le gratuitement au 33700, ou signalez-le sur le site 33700.fr. Faites une capture d’écran, puis supprimez-le. Si vous avez déjà saisi votre carte bancaire, faites opposition immédiatement auprès de votre banque. Signalez les débits frauduleux sur la plateforme Perceval et déposez plainte. Demandez ensuite à votre banque le remboursement des opérations que vous n’avez pas autorisées. Conservez les captures, le SMS et vos relevés. Le service Info Escroqueries répond aussi au 0 805 805 817. Enfin, restez sur vos gardes les jours suivants : ne communiquez jamais de code ni d’information bancaire à quelqu’un qui vous appelle en se présentant comme votre conseiller.

Pierre Rodrigues
À propos de l’auteur
Pierre Rodrigues
Fondateur de Méoweb, plus de 25 ans d’expérience en assistance informatique. Il accompagne particuliers et professionnels : conseil, dépannage, sécurité et sauvegarde.
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